L’hôtel

Je hais l’hôtel

Ecrit en itinérance quelque part entre de hautes montagnes abruptes, contraignant majestueusement le paysage minéralisant d’une vallée alpine.

Délicieusement atteint du syndrome d’Urquinaona, je gratte quelques mots ici dans mon carnet de voyage trop souvent dématérialisé. Ce qui, soyons honnête, me permet aussi d’assouvir une irrépressible de scribouiller n’importe quand.

Hôtel vieillot, poster tiré du journal l’Équipe datant de 1998 vantant les mérites d’un ancien coureur espagnol aussi jaunit par le temps que le papier qui l’affiche fièrement. Des moulures grossièrement plâtrées à n’en plus finir, des têtes de cerfs tristes, figées, d’anachroniques compositions de cafetières électriques sur un meuble d’avant guerre, un escalier tapissé qui craque avant même que chaque pas ne vienne le faire chanter comme une vieille contrebasse… Puis, malgré le plancher sur-ciré par le gras tombé des plats historiquement servis, les sourires bonhommes d’un gérant polyglotte arborant un chapeau tyrolien, viennent réchauffer l’atmosphère d’un roman presque policier. Une langue dure à l’oreille flotte dans l’air couvrant le bruit des oeufs cocottes mijotant depuis longtemps, si longtemps…
Il est temps de s’aérer un petit peu afin de ne pas étouffer trop ou abîmer le cafard naissant pourtant prolifique de ce genre de lieu.


Pardonnez les quelques coquilles et pirouettes, un retour progressif à la plume expérimentée se profile, de ceux qui arrondiraient les formes syntaxiques empruntées ça et là à ce que j’ai oublié de la littérature et de la culture à peine interlope.

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