Méditation mandarine

Un mandarin était amoureux d’une courtisane. « Je serai à vous, dit-elle, lorsque vous aurez passé cent nuits à m’attendre assis sur un tabouret, dans mon jardin, sous ma fenêtre. » Mais, à la quatre-vingt-dix-neuvième nuit, le mandarin se leva, prit son tabouret sous le bras et s’en alla.

Source : L’attente par Roland Barthes |

Que cela vous laisse coi je comprendrais… mais esayez quand même…

Visionnaire extra-lucide ?

Dans Mythologies (Seuil, 1957), Roland Barthes écrit :

« […] une de nos servitudes majeures : le divorce accablant de la mythologie et de la connaissance. La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l’erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d’ordre »

Il y a plus de soixante ans que cette phrase et cette vision ont été écrites. Peux-t-on en nier le réalisme aujourd’hui ? C’est tellement vrai et bien d-écrit.

Dissertations

Comme l’Atopos (ou le sentiment de ne pas être à sa place, pas au bon endroit, atypique ou inconvenant,…) de Roland Barthes je trouve intéressant de se poser la question :

« L »amoureux n’est il qu’un dragueur plus difficile qui toute sa vie cherche « son type » ?

Barthes, Roland (1977). Fragments d’un discours amoureux. Éditions du Seuil.

A vous.

La théorie de la Reine Rouge

Posted on 2 février 2009 by Horus

Dans le célèbre roman de Lewis Carroll, quand Alice s’arrête de courrir… le décor la rattrape. Quand les espèces s’arrêtent d’évoluer, ou ne s’adapte plus à leurs écosystèmes, elles disparaissent.

Comprendre cette fameuse théorie de la Reine Rouge, s’est comprendre beaucoup de l’écologie, et forcément donc, de la place de l’homme et des autres espèces dans laNature. Enfin je le crois bien …

Bonne lecture, et soyez inspirés.

Pourquoi la reine rouge…

L’évolution est-elle une compétition aveugle ? Ou bien une coopération indispensable en faveur de la vie ?
L’évolution enseigne que les deux sont importantes. Les interactions entre les espèces sont parmi les forces évolutives les plus puissantes, les comprendre peut être décisif pour notre propre survie. Ici interviennent le prédateur et la proie.
Les scientifiques ont établi comment deux ou trois espèces peuvent vivre en symbiose, mais ne comprennent pas toute la complexité d’un écosystème.

Dans le fameux livre de Lewis Carroll intitulé « De l’autre côté du miroir », Alice découvre en traversant le miroir un jeu d’échecs vivant dans lequel elle joue le rôle d’un pion blanc. Au cours de la partie, elle découvre une chose surprenante sur ce monde, et en trouve l’explication auprès de « la reine rouge » : « Ici, il faut courir le plus vite possible pour rester sur place. Pour aller autre part, il faut courir au moins deux fois plus vite ! ».

Cette histoire évocatrice a certainement eu un grand écho dans l’évolutionnisme. Leigh Van Valen, biologiste spécialiste de l’évolution, a défini en 1973 son « hypothèse de la Reine rouge », qui postule que les communautés d’espèces concurrentes, les prédateurs et leurs proies, sont prisonnières d’une course à l’évolution permanente : les prédateurs arrivent de mieux en mieux à trouver des proies et à les attraper, et celles-ci arrivent de mieux en mieux à leur échapper. Les prédateurs et les proies doivent évoluer constamment pour survivre. Les deux parties deviennent de plus en plus performantes, mais leur nombre relatif ne change pas, ou alors seulement à court terme.

L’escalade de cette course entre prédateurs et proies semble être la caractéristique de la vie sur terre. La diversité et la complexité croissantes des organismes marins à l’époque du mésozoïque, ère qui débuta voici 250 millions d’années, sont bien connues.
C’est à cette époque qu’apparaît un grand nombre de nouveaux prédateurs dont les proies de prédilection sont les crustacés. Ceux-ci s’efforcent d’échapper à leur sort de différentes façons. Un grand nombre d’espèces développent des carapaces plus épaisses ou les garnissent de piquants, ce qui complique la tâche des prédateurs.
D’autres espèces cherchent de nouveaux espaces vitaux : les sédiments des fonds sous-marins et les fissures dans les récifs et les rochers leur servent d’habitats protecteurs.

Cette course a sans doute joué un rôle dans l’évolution des espèces, tant du côté prédateurs que du côté proies.
Cependant, on ignore encore si l’évolution des communautés biologiques a surtout été influencée par l’interaction de ces organismes, ou par des modifications progressives ou soudaines de l’environnement non habité.
La « Reine rouge » peut expliquer la stabilité de certaines interactions biologiques. Il peut arriver que dans une course à l’évolution, l’un des protagonistes s’assure un avantage durable, condamnant ainsi son adversaire à disparaître. Ceci explique que dans les écosystèmes, seules les interactions entre espèces, au cours desquelles aucun des protagonistes ne peut s’assurer un avantage durable, subsistent à long terme.

Les fossiles de planctons attestent cependant que les facteurs abiotiques ont plus d’influence sur la survie des espèces que les interactions biologiques.
L’importance de cette course dans l’histoire de la vie et de l’apparition des communautés biologiques ne fait pas l’unanimité. Une chose est cependant sûre: ces compétitions revêtent de nos jours une énorme importance en pratique. Les bactéries et virus pathogènes participent à une course à la sélection féroce et constante pour échapper à l’impact mortel d’antibiotiques et de médicaments souvent employés de façon imprudente. Malheureusement, dans cette course, un grand nombre de souches microbiennes ont aujourd’hui une nette avance et résistent à presque tous les antibiotiques.
En outre, la menace que représentent les « nouvelles affections » du type Ebola s’accroît. Lorsque les hommes servent d’hôtes à des agents pathogènes pendant de longues périodes, il s’établit souvent un équilibre évolutif qui fait échec à la mortalité causée par l’agent pathogène. Quand on a affaire à de nouveaux agents pathogènes ou à des agents pathogènes qui se propagent dans un nouvel espace vital, cet équilibre est loin d’être atteint, et la course entre le système immunitaire de l’hôte humain et l’agent pathogène a souvent une issue défavorable pour l’homme