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Impressionnante rencontre

Fille rousse assise dans la véranda, 1884, Berthe Marie Pauline Morisot.

Quelque chose appelle le calme, l’équilibre, la chaleur, la douceur dans cette œuvre qui m’interpella au coin d’une création web.

Je fis ainsi connaissance de Julie et son auteure Berthe, qui, donc, comptât parmi les précurseures de l’inoubliable impressionnisme. D’aucuns diront que ce fût …. »la meuf à Manet », en d’autres termes 🙂

Méditation mandarine

Un mandarin était amoureux d’une courtisane. « Je serai à vous, dit-elle, lorsque vous aurez passé cent nuits à m’attendre assis sur un tabouret, dans mon jardin, sous ma fenêtre. » Mais, à la quatre-vingt-dix-neuvième nuit, le mandarin se leva, prit son tabouret sous le bras et s’en alla.

Source : L’attente par Roland Barthes |

Que cela vous laisse coi je comprendrais… mais esayez quand même…

Visionnaire extra-lucide ?

Dans Mythologies (Seuil, 1957), Roland Barthes écrit :

« […] une de nos servitudes majeures : le divorce accablant de la mythologie et de la connaissance. La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l’erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d’ordre »

Il y a plus de soixante ans que cette phrase et cette vision ont été écrites. Peux-t-on en nier le réalisme aujourd’hui ? C’est tellement vrai et bien d-écrit.

Dissertations

Comme l’Atopos (ou le sentiment de ne pas être à sa place, pas au bon endroit, atypique ou inconvenant,…) de Roland Barthes je trouve intéressant de se poser la question :

« L »amoureux n’est il qu’un dragueur plus difficile qui toute sa vie cherche « son type » ?

Barthes, Roland (1977). Fragments d’un discours amoureux. Éditions du Seuil.

A vous.

L’hôtel

Je hais l’hôtel

Ecrit en itinérance quelque part entre de hautes montagnes abruptes, contraignant majestueusement le paysage minéralisant d’une vallée alpine.

Délicieusement atteint du syndrome d’Urquinaona, je gratte quelques mots ici dans mon carnet de voyage trop souvent dématérialisé. Ce qui, soyons honnête, me permet aussi d’assouvir une irrépressible de scribouiller n’importe quand.

Hôtel vieillot, poster tiré du journal l’Équipe datant de 1998 vantant les mérites d’un ancien coureur espagnol aussi jaunit par le temps que le papier qui l’affiche fièrement. Des moulures grossièrement plâtrées à n’en plus finir, des têtes de cerfs tristes, figées, d’anachroniques compositions de cafetières électriques sur un meuble d’avant guerre, un escalier tapissé qui craque avant même que chaque pas ne vienne le faire chanter comme une vieille contrebasse… Puis, malgré le plancher sur-ciré par le gras tombé des plats historiquement servis, les sourires bonhommes d’un gérant polyglotte arborant un chapeau tyrolien, viennent réchauffer l’atmosphère d’un roman presque policier. Une langue dure à l’oreille flotte dans l’air couvrant le bruit des oeufs cocottes mijotant depuis longtemps, si longtemps…
Il est temps de s’aérer un petit peu afin de ne pas étouffer trop ou abîmer le cafard naissant pourtant prolifique de ce genre de lieu.


Pardonnez les quelques coquilles et pirouettes, un retour progressif à la plume expérimentée se profile, de ceux qui arrondiraient les formes syntaxiques empruntées ça et là à ce que j’ai oublié de la littérature et de la culture à peine interlope.

Le syndrome Urquinaona

Je dois le dire d’emblée, j’emprunte ou plutôt je raccroche après l’avoir vécue, l’idée au célèbre Cédric Klapisch, qui, dans le non moins célèbre et témoin d’une époque, L’auberge espagnole, fait narrer par son héros ces découvertes de voyage.

C’est en effet en arrivant dans un lieu inconnu jusqu’alors que nous apprenons souvent de nouveau nom qui sonnent d’abord complètement étranger puis qui deviendront familier.

Dans le film c’est ce quartier de Barcelone que l’étudiant vagabond découvre. Hier, aujourd’hui et demain c’est vous , c’est nous qui enchanterons ou non nos mémoires avec de nouveaux noms de lieux. Aussi atypiques que Le Monastier Sur Gazeille ou Le Bouchet-Saint-Nicolas du chef d’oeuvre de Robert Louis Stenvenson, ou alors ces lieux de toute consonance comme Bure, Bionassay ou Clamensane, ils finiront tous quelque part dans un coin de notre mémoire et ne notre patrimoine intime.

Il y a aussi une avidité, une envie et une satisfaction à prononcer ces nouveau nom de lieu. Dans le film cité plus haut l’auteur décrit à merveille dans une courte scène ce sentiment. Je voulais ici lui rendre hommage.

Voilà qui est fait.